Nutrition et agriculture durable
Dessine l’Espoir développe des projets de formation à des techniques d’agriculture durable pour promouvoir une meilleur nutrition en particulier pour les personnes séropositives

Des jardins associés aux projets 

Depuis plusieurs années, Dessine l’Espoir associe des jardins à ses projets aux Swaziland et en Afrique du Sud.
Ainsi, à Roosboom, les enfants orphelins accueillis à la Half Way House s’occupent par groupe de 5 de planches de cultures, encadrés par un jardinier qui intervient plusieurs jours par mois.
Les légumes ainsi produits sont utilisés dans la préparation des repas chauds pour les enfants (choux, courgettes, épinards…).
Au Swaziland, le jardin fournit de la salade et des tomates pour les sandwiches distribués aux patients séropositifs de l’hôpital.

Ci dessus, les 50 enfants de la Half Way House de Ladysmith impliqués dans l’entretien des parcelles

Renforcement des capacités locales En Afrique du Sud, la permaculture a été introduite depuis plusieurs années comme une solution pour les townships en particulier, avec la notion de « Door Gardens ». Ces jardins, de la taille d’une porte (2m x 1m) sont adaptés aux habitats périurbains des townships, qui disposent souvent d’un petit terrain de quelques mètres carrés.
L’apprentissage consiste à créer sur cette surface une terre fertile, en utilisant les déchets ménagers, associés à des végétaux disponibles à proximité (feuilles, branches, herbes…), et à associer des cultures permettant un rendement maximal sur une petite surface, pour apporter un complément alimentaire en légumes frais pour les familles toute l’année.
Les planches de cultures réalisées par les enfants de Ladysmith suivent cette même logique.

Au Swaziland, le contexte est différent, et les familles, en milieu rural sont souvent découragées de cultiver un potager, bien qu’elles aient le terrain, alors que la sous-alimentation est très fréquente.
La croyance qu’un potager demande beaucoup de place, et nécessite un investissement important en intrants et semences (non reproductibles) et requiert beaucoup d’eau est très répandue et décourage beaucoup de se lancer dans la production de légumes.De plus, la consommation de viande bien que limitée car très chère, est très appréciée et souvent considérée comme seule capable de subvenir aux besoins nutritionnels des humains. L’élevage constitue cependant, un investissement important que peu de personnes peuvent s’offrir.Il en résulte que l’alimentation de la majorité des personnes vulnérables est constituée de produits de grande surface bon marché : pain de mie, riz, haricots, semoule de maïs, et un peu de viande lorsque c’est possible….Les légumes sont surtout utilisés comme accompagnement de sauces et leur valeurs nutritives sont, la plupart du temps, ignorées. De plus il existe de nombreuses variétés de plantes et même d’arbres indigènes comestibles qui ne sont plus connues de la majorité des personnes alors même qu’ils pourraient constituer des compléments alimentaires intéressants.Une meilleure connaissance de ce qu’est une alimentation équilibrée, la réhabilitation de ressources locales comestibles et l’enseignement de principes de culture adaptés à ces situations, peuvent constituer des atouts certains pour améliorer la qualité de vie de ces personnes, en particulier dans des zones très affectées par le VIH SIDA et où le renforcement des défenses immunitaires est essentiel.Former des formateurs pour diffuser la connaissance aux communautés rurales Avec le soutien de The Ivory Foundation, les responsables de projet de Ladysmith et Piggs Peak ont pu participer à une formation de 15 jours au Botswana, au sein du Botswana College of Agriculture (BCA), avec plusieurs intervenants spécialistes de techniques agricoles innovantes.Ont été abordés la création de sols fertiles utilisant les ressources de proximité, la réalisation d’un compost, les associations de cultures, la maîtrise de l’arrosage grâce à la couverture des sols et la culture sur buttes.

Ci dessus, réalisation de lits de cultures fertiles, utilisant des végétaux, branchages et fumiers trouvés localement

 

Mise en pratique sur sitesAu retour de cette formation, la mise en pratique a été immédiate sur les deux sites en Afrique du Sud et au Swaziland.

Des buttes de culture ont été mises en place, certaines intégrant du biochar produit avec des résidus de l’exploitation de l’eucalyptus.
Une formation a été dispensée aux femmes pour réaliser du jus de plantes fermentées réalisés avec des plantes ramassées localement (technique du Bokashi) pour amender les sols en micro-organismes dont la production peut être réalisée très simplement sans aucun frais.

Une pépinière a été mise en place, permettant de tester l’impact du Biochar et du Bokashi sur la pousse des semences, et des femmes du groupe du Swaziland et des enfants de Ladysmith se chargent de suivre les tests de culture sur chaque site.

de gauche à droite: introduction de biochar dans les sols, préparation du Bokashi, pépinière avec 40 bacs tests pour les semis et premières pousses

 

Résultats très encourageants

Les premières planches de cultures lancées en Septembre 2014 ont montré l’efficacité de ces techniques. Ci dessous, on peut voir qu’en 2 mois, au Swaziland, des plants de choux et d’épinards ont atteint un stade de maturité en un temps record sur une planche réalisée selon les techniques de permaculture intégrant également du biochar.
D’autres tests réalisés en décembre 2014 en pépinière montrent également l’impact positif du biochar sur la croissance des végétaux.

Mise en place des formations et partage des connaissances 

Au Swaziland, la dimension pédagogique s’articulera de plusieurs manières:

-Le jardin de Fundzisa Live à Piggs Peak sera utilisé comme jardin de démonstration et d’apprentissage pour les femmes de l’hôpital intéressées.

-Une planche de culture est envisagée sur le site même de l’hopital pour favoriser le contact avec les 3000 patients séropositifs qui visitent le centre d’accueil, pour mieux les rediriger vers le jardin du groupe de soutien de Fundzisa Live

-Un jardin pédagogique supplémentaire sera mis en place dans une école de la ville (Peaks Central School), tentant aussi de sensibiliser les parents d’élèves.

-Une équipe de 4 femmes sera formée et équipée d’outillage agricole basique pour organiser des formations sur site dans des communautés sélectionnées.

-Un manuel complet a été mis à disposition des formateurs, qui sera vulgarisé sous forme de bandes dessinées simplifiées pouvant être laissées lors des formations.

Ces formations constituent également de nouvelles activités génératrices de revenus pour les femmes du groupe de soutien. Ces activités ont l’avantage de rompre un peu plus l’exclusion des personnes touchées par le VIH, en les intégrant dans des programmes de formation au bénéfice de leur entourage, ce qui favorise la création de liens sociaux, et conforte ces femmes.

A Ladysmith, la formation s’axera essentiellement autour des 50 enfants pris en charge par la Half Way House, avec visite possible des jardins par les familles vivant dans à proximité, et les familles élargies des enfants.

 

Ci dessous, préparation d’une butte circulaire sous un arbre, mise en culture et croissance des plants en 2 mois

 

Un projet soutenu par: